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Suite de nos articles sur l'ancien Palais épiscopal 

  • Porte de l'ancien évêché d'Agde, Lit Aguillon, Pézenas (Musée Agathois, Jules Baudou)

L'encadrement de porte en basalte sculpté, fut réalisée sous l'épiscopat de Monseigneur Balthazar de Budos (1622-1629). Placée au centre de la façade sur cour elle marquait solennellement l'entrée du palais donnant accès à la salle du conseil, probablement à l'emplacement du grand vestibule médian sur le plan du palais de 1894. De style Renaissance, il est surmonté d'un fronton présentant un cartouche initialement aménagé pour recevoir les armes de l'évêque, puis remployer au service du tribunal de commerce de la ville. La partie sommitale se voie flanquée de deux cornes d'abondance, signe de richesse et de prospérité de la manse épiscopale. En dessous, deux masques d'hommes amortissent l'entablement et encadrent la clef décorative formant agrafe à visage d'homme barbu. A l'image d'un Bacchus rappelant la richesse des propriétés foncières et agricoles de l'évêque seigneur. La porte, présentant une menuiserie à double battant, dont la partie basse est constituée de soubassements en pointes de diamant, se développe entre deux volutes décorées de feuilles d'acanthe.

Dans l'architecture méridionale au XVIIème siècle, la porte d'entrée  est le morceau de choix et nous voyons ici que l'attention du sculpteur s'est portée sur la richesse des éléments décoratifs. Probablement les fenêtres sur cour, aujourd'hui disparues, devaient être à croisée de meneaux.

 

  • Les agrafes décoratives : aujourd'hui sur la façade arrière du musée de l'Ephèbe, Cap d'Agde.

Une agrafe est une pierre placée au sommet d'une voûte permettant son blocage, elle peut être sculptée de divers registres, on parle alors d'agrafe décorative. C'est sous l'épiscopat de Monseigneur de Saint-Simon (évêque d’Agde de 1759-1790)que les baies ouvrant sur l'Hérault se parent d'ornements usant d'un registre pour le moins original. Des têtes de grotesques héritées du moyen-âge alternent avec des visages venus des peuples nordiques arborant barbe hirsute, cheveux longs et joues pleines des Vikings. D'autres présentent des visages et des parures Aztèques, Mayas ou bien Incas révélant à la fin du XVIIIème siècle une érudition et une connaissance des civilisations sud américaines des plus fascinante. Il en va de même pour de simples éléments décoratifs mettant en scène un morceau d'architecture telle une console, mais aussi des feuilles d'acanthe ou des fleurs mettant en lumière un registre naturaliste.

Que dire de ces têtes de chat? (une en basalte l'autre en calcaire),  doit-on y voir un lien avec l'Hôtel Albaret et sa porte dite à tête persane? Doit-on y voir une référence aux origines antiques de la ville?

 

De nombreuses questions restes encore à approfondir mais nous voyons que ce palais d'Agde est plus qu'une simple maison des évêques, c'est surtout le marqueur d'une évolution des connaissances et des styles au sien d'un territoire qui n'a pas livré tous ses secrets.

 Un travail de recherche dans les archives nationales de Paris pourrait délivrer de nouvelles pistes et donner de précieux renseignements sur cet édifice emblématique de notre ville et sur ses illustre hôtes.

 

 

Olivier Chambon, Historien de l'Art, 2011.

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